French Tech Tremplin : un premier cru prometteur

French Tech Tremplin : un premier cru prometteur

31 août 2020

La première promotion de French Tech Tremplin est arrivée gonflée à bloc à la Coque, mardi 25 août, pour une première confrontation avec un jury d’investisseurs et d’entrepreneurs expérimentés. En 2019, la French Tech Aix-Marseille a sélectionné 11 entrepreneurs aspirants pour participer au programme national “French Tech Tremplin”. Pour finaliser les 6 mois de formation intensive pilotée par les structures d’accompagnement l’incubateur de la Belle de Mai et les Premières Sud, les lauréats se sont mesurés les uns aux autres dans une ambiance bonne enfant au cours d’une compétition de pitchs. Le “pitch” est le passage obligé pour tout startuper : en 3 minutes, ils doivent convaincre que le produit ou service qu’ils ont imaginé constitue une véritable innovation se démarquant de la concurrence, et expliquer comment ils comptent conquérir un marché. Cet exercice est généralement réservé aux rencontres entre startups et investisseurs, mais il est aussi devenu le format privilégié des concours de startups. Un tour de force délicat entre concision et force de conviction, qui a fait l’objet d’un atelier à part entière au cours du programme French Tech Tremplin. Tremplin s’adresse exclusivement à des entrepreneurs ou porteurs de projets issus de catégories sous-représentées dans le monde de la Tech, résidents en QPV, bénéficiaires des minimas sociaux, étudiants boursiers ou réfugiés. Pour la French Tech, l’objectif est d’aller chercher des talents en dehors des viviers traditionnels de futurs chefs d’entreprises.

 

« Il faut garder en vue que l’on doit répondre à des besoins concrets »

 

“Avoir une idée de science fiction, c’est très facile. Quand on passe à l’action, on essuie rapidement les premières désillusions”, témoigne Geoffrey Marino, créateur de Re-SenS, un prototype branchable sur des lunettes qui alerte les malvoyants de la présence d’obstacles grâce à un système d’ondes vibratoires. Il souligne la tentation de la fantaisie qui peut atteindre les serial inventeurs : “l’objectif n’est pas de rivaliser en créant des gadgets toujours plus sophistiqués. Il faut garder en vue que l’on doit répondre à des besoins concrets. La premier jalon important de mon projet a été la mise au point d’un premier prototype très peu esthétique mais bon marché, qui m’a permis de tester le minimum de fonctionnalités que je voulais . Grâce à la bourse French Tech Tremplin, j’ai pu développer une seconde version améliorée”, témoigne le jeune homme, arrivé en 3e position du concours, gagnant ainsi son ticket pour pitcher son entreprise dans l’espace investisseur du Grand Bain, le sommet de la tech inclusive et durable organisé par la French Tech Aix-Marseille. 

 

Podium très serré 

 

Tarik Slimani, 25 ans, pointe également l’impératif pour tout entrepreneur débutant de mettre le plus rapidement possible sa technologie à l’épreuve du marché. “Un des conseils les plus pertinents que j’ai reçu lors de l’incubation à la Belle de Mai est qu’il vaut mieux se lancer à l’eau le plus tôt possible avec une version très modeste de l’application pour la tester et bénéficier de retours dans la suite de son développement” souligne le co-fondateur de Teeneo, un portefeuille numérique permettant aux parents et aux enfants de gérer intelligemment l’argent de poche. Le jeune homme a marqué des points auprès du jury avec un pitch limpide et une verbe assurée. Il rafle la seconde place après Ericka Simon, fondatrice de LibiWorks, un outils d’animation physique déjà disponible permettant de reconstruire en temps réel des environnements 3D complexes. La jeune femme a réussi le pari difficile de vulgariser des concepts techniques auprès d’un jury plus ou moins familier de la 3D et de la modélisation, tout en faisant prévaloir l’aspect innovant de sa solution. Avide de feedbacks, Ericka invite “les artistes, les entrepreneurs à se rendre sur le site et à s’amuser avec l’outil”. Elle insiste sur l’aspect “made in France” de sa technologie de pointe, alors que la souveraineté technologique devient un sujet d’actualité de plus en plus sensible.

 

Thomas Kerjean, Secrétaire Général de la French Tech Aix-Marseille et juré du concours se réjouit : “On a là 11 candidats qui témoignent de l’émergence d’un nouveau Aix-Marseille, avec des idées inventives en phase avec l’actualité et les réalités locales : responsabilités environnementales, inclusion des personnes handicapées et vie de quartier. Tout ce qui compte y est.”

 

La promesse d’une nouvelle génération d’entrepreneurs diverse, engagée et fidèle à son territoire. 

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